Tu as peut-être entendu parler de « demi-journées orientation » sans trop savoir ce qu'elles recouvrent, ou vu passer le nom d'une plateforme appelée Avenir(s) sans jamais t'y connecter. Derrière ces deux expressions, il y a un cadre national précis, un calendrier, et depuis cette rentrée, une conséquence concrète sur les dossiers d'affectation. Autant savoir ce à quoi tu as droit — et, en parallèle, explorer 1 000+ métiers avec leurs salaires réels (nouvel onglet) pour donner de la matière à ces heures-là plutôt que de les subir.
Le plan Avenir, en clair
Le plan Avenir est le cadre national de l'éducation à l'orientation, fixé par la note de service du 2 juillet 2025 publiée au Bulletin officiel du 3 juillet 2025 (NOR : MENE2519127N). Il s'applique depuis la rentrée 2025.
Son postulat tient en une phrase, écrite noir sur blanc dans le texte : « L'orientation est une compétence qui s'apprend, au même titre que toutes les autres. » Ce n'est pas une formule creuse, c'est un changement de logique. Jusqu'ici, l'orientation se jouait lors de quelques rendez-vous — le conseil de classe du troisième trimestre de 3e, les vœux de spécialités, Parcoursup en janvier. Le plan Avenir l'étale de la 6e à la terminale et la confie à l'ensemble de l'équipe pédagogique, pas seulement au psychologue de l'éducation nationale.
Trois briques le composent : un plan pluriannuel dans chaque établissement, des temps dédiés dans l'année, et une plateforme commune. On les prend une par une.
Ce à quoi ton établissement s'est engagé
Chaque collège et chaque lycée doit construire un plan pluriannuel d'éducation à l'orientation (PPO), élaboré avec l'appui du conseil pédagogique et adopté en conseil d'administration avant la fin de l'année civile. Ce n'est pas un document interne confidentiel : il fait partie du projet d'établissement, et les parents d'élèves comme les représentants lycéens sont associés à son élaboration.
Ce PPO combine quatre choses :
- des séquences pédagogiques intégrées aux enseignements ou aux heures de vie de classe ;
- des temps de travail personnel proposés à chaque élève ;
- quatre demi-journées annuelles dès la classe de 5e, dédiées à la découverte des métiers et des formations ;
- les séquences d'immersion en milieu professionnel en 3e et en seconde générale et technologique.
Les quatre demi-journées sont l'élément le plus tangible, et le plus souvent ignoré des familles. Elles se déroulent sur le temps scolaire, sous la responsabilité du chef d'établissement, coordonnées par les professeurs principaux et encadrées par les professeurs, avec l'appui du PsyEN. Au programme prévu par le texte : rencontres avec des professionnels, échanges avec des rôles modèles, visites d'entreprises sur site ou virtuelles, temps d'immersion dans des établissements de formation.
Un point précis à connaître si tu es en 3e et que la question de l'internat se pose : le plan prévoit des visites d'internat pour les élèves et leurs familles, et des mini-stages de deux jours incluant une nuitée, notamment en lycée professionnel. C'est le genre de dispositif qui existe, qui ne coûte rien, et qu'on n'obtient que si on le demande.
Avenir(s) : la plateforme et, surtout, le portfolio
La plateforme Avenir(s) est développée par l'Onisep en lien avec les régions. Elle est déployée dans tous les collèges et lycées depuis septembre 2025. Les élèves s'y connectent sur app.avenirs.onisep.fr avec leur compte EduConnect ou Educagri — pas de nouvelle inscription à créer.
Côté élève, elle sert à trois choses : explorer des secteurs professionnels et des formations, suivre des activités guidées, et alimenter un portfolio personnel, en partie privé. Côté équipes éducatives, une interface dédiée permet aux professeurs principaux et aux PsyEN de piloter le parcours et de suivre les élèves. L'Onisep annonce près de 800 activités pédagogiques mises à disposition des enseignants.
Le portfolio est la partie qui mérite ton attention, parce que c'est la seule que tu contrôles entièrement. On y consigne au fil de l'année ses centres d'intérêt, ses activités extrascolaires — sport, association, musique —, ses stages, ses éventuels petits boulots, ses projets personnels. Rien de spectaculaire pris isolément. Mais au moment de rédiger une lettre de motivation Parcoursup deux ans plus tard, la différence entre un élève qui a tenu ce carnet et un élève qui doit tout reconstituer de mémoire est considérable. On l'explique en détail dans notre guide sur ce qu'attendent vraiment les formations dans une lettre de motivation Parcoursup (nouvel onglet).
La nouveauté de la rentrée 2026 : ton portfolio peut peser sur Affelnet
C'est la disposition la plus concrète du texte, et quasiment personne n'en parle.
La note de service prévoit qu'à compter de la rentrée 2026, l'investissement des élèves dans l'élaboration de leur projet d'orientation enregistré sur la plateforme pourra être valorisé pour l'affectation en voie professionnelle en fin de 3e, dans l'application Affelnet-Lycée.
Traduction : le travail fait sur Avenir(s) en 4e et en 3e peut entrer dans le calcul qui détermine dans quel lycée professionnel et dans quelle spécialité un élève est affecté. Sur des formations demandées, où l'affectation se joue à quelques points, ce n'est pas rien.
Deux réserves, et il faut les énoncer clairement plutôt que de vendre une certitude :
- le texte écrit « pourra être valorisé », pas « sera valorisé » ;
- ce sont les circulaires académiques qui précisent chaque année les modalités de cette valorisation.
Autrement dit, la règle du jeu se fixe académie par académie, et elle peut varier. La bonne démarche n'est pas de supposer, c'est de poser la question au professeur principal ou au PsyEN dès l'automne : est-ce que notre académie valorise le portfolio Avenir(s) dans Affelnet cette année, et sur quels critères ? Si tu vises la voie professionnelle, notre guide de l'orientation après la 3e (nouvel onglet) détaille le reste du calendrier et qui décide quoi.
MonProjetSup : Parcoursup se prépare dès la seconde
Avenir(s) intègre un outil public et collaboratif appelé MonProjetSup, construit en s'appuyant sur les travaux de recherche. Son objectif, tel que le formule la note de service, est d'accompagner la construction du projet d'orientation dès la classe de 2de, « en vue de réduire l'autocensure et le stress lié à l'orientation post-bac et aux choix sur Parcoursup ».
Le mot important est autocensure. Ce que vise le dispositif, ce n'est pas d'apprendre à cliquer sur Parcoursup — c'est de repérer les élèves qui s'interdisent des formations pour lesquelles ils ont le niveau. C'est aussi le sens de l'expérimentation lancée dans les lycées volontaires depuis la rentrée 2025 : un professeur référent qui suit le même groupe d'élèves de la première à la terminale, pour éviter que l'accompagnement reparte de zéro chaque année.
Si tu es en seconde et que la question des spécialités arrive, c'est le bon moment pour croiser ces outils avec des données de débouchés : notre article sur ce qui pèse vraiment au bac et sur Parcoursup dans le choix des spécialités (nouvel onglet) fait le tri entre les idées reçues et les critères réels.
Les dispositifs que personne ne te cite
La note de service en contient plusieurs, tous peu connus et tous utiles à un moment ou à un autre.
Les commissions passerelles. Dans chaque bassin d'éducation et de formation, une commission est organisée chaque année à l'issue des conseils de classe du deuxième trimestre. Elle propose aux lycéens qui en expriment le souhait, et qui présentent les aptitudes nécessaires, un changement de voie d'orientation, de série ou de spécialité pour la rentrée suivante. Retiens la mécanique : la commission ne repère pas les élèves toute seule, c'est à toi de formuler la demande — et la fenêtre se situe autour de février-mars.
Les Cordées de la réussite. Ce partenariat entre un établissement du supérieur et des collèges et lycées vise des publics précis : élèves en éducation prioritaire ou résidant en quartier prioritaire, collégiens et lycéens en zone rurale et isolée, lycéens professionnels et technologiques. Le point décisif : sur Parcoursup, les formations sous statut étudiant peuvent prendre en compte la participation à une Cordée en première ou en terminale, et la note de service indique que ces lycéens ont « un taux de proposition d'admission sensiblement supérieur ». Si ton établissement est engagé dans une Cordée, c'est une information à demander dès septembre.
Les années PaRéO. Pour les bacheliers qui hésitent entre plusieurs parcours, ces diplômes d'établissement labellisés — Passeport pour Réussir et s'Orienter — offrent une année de découverte de plusieurs disciplines et environnements professionnels. Chaque parcours comprend au minimum 200 heures d'enseignement et quatre semaines de stage (article D613-25-2 du Code de l'éducation). Ce n'est donc ni une année blanche ni une césure : c'est une formation encadrée. Si c'est plutôt une pause structurée que tu cherches, notre guide de l'année de césure (nouvel onglet) explique comment la rendre utile — et le plan Avenir rappelle au passage que la demande de césure se coche dans le dossier Parcoursup, mais n'est transmise à l'établissement qu'après l'acceptation d'une proposition d'admission.
Les campus connectés. Ils sont 84 et s'adressent aux personnes géographiquement éloignées d'un campus universitaire, ainsi qu'aux étudiants à besoins particuliers — sportifs de haut niveau, situation de handicap, parents de jeunes enfants. Un chiffre résume leur utilité : 23 % des étudiants qui en ont bénéficié déclarent qu'ils n'auraient pas suivi d'études sans le dispositif. Le ministère y consacre 2 M€ en 2026.
Le plan Filles et mathématiques. Il s'articule au plan Avenir avec une cible chiffrée : 30 000 filles de plus en 2030 choisissant la spécialité mathématiques et la conservant en terminale. Des classes à horaires aménagés en mathématiques et sciences (Chams) sont expérimentées en 4e et 3e depuis la rentrée 2025.
Bacheliers professionnels : ce qui a réellement changé
C'est la partie du plan la plus dense en mesures concrètes, et elle mérite d'être connue des principaux intéressés.
Deux règles d'accès en BTS, d'abord, qui ne relèvent pas du vœu pieux :
- depuis 2018, les recteurs fixent des taux minimaux de bacheliers professionnels pour l'accès aux sections de techniciens supérieurs ;
- depuis 2024, les commissions d'examen des vœux de STS ont l'obligation de classer les élèves de terminale professionnelle ayant obtenu un avis positif du chef d'établissement, sur proposition de l'équipe pédagogique.
Cette seconde règle change la donne : un avis positif n'est pas une recommandation, il ouvre un droit à être classé. Encore faut-il l'avoir demandé.
S'y ajoutent la généralisation des parcours de consolidation en BTS fondés sur des tests de positionnement, la systématisation des conseils de mi-semestre pour détecter les décrochages, une expérimentation de BTS en trois ans avec une première année propédeutique, et le déploiement de CPGE en trois ans destinées aux bacheliers professionnels — à ce jour quatre classes en technologies et sciences industrielles (Dijon, Grenoble, Lille, Paris) et trois en filière économique et commerciale (Aix-Marseille, Lyon, Paris).
Pour arbitrer entre poursuite d'études et entrée dans l'emploi, on a détaillé les deux scénarios dans notre article après un bac pro (nouvel onglet), et comparé les voies post-bac dans BTS, BUT ou licence (nouvel onglet).
Ce que le plan Avenir ne fait pas
Un mot d'honnêteté pour finir, parce que l'écart entre un texte réglementaire et une salle de classe est réel.
Le plan fixe un cadre et des obligations de moyens ; il ne garantit pas la qualité de ce qui se passe pendant les quatre demi-journées, qui dépend des partenariats noués par l'établissement et du temps dont disposent les équipes. Il ne remplace pas non plus un projet personnel : une plateforme peut te proposer des activités, elle ne peut pas décider à ta place ce qui t'intéresse. Et la valorisation du portfolio dans Affelnet reste, à ce stade, une possibilité encadrée par des circulaires académiques, pas un barème national publié.
La lecture utile est donc la suivante : ces dispositifs sont des points d'appui, gratuits, auxquels tu as droit et que beaucoup d'élèves n'utilisent jamais. Les demander coûte une question posée au professeur principal.
Reste le point de départ, celui qu'aucune plateforme institutionnelle ne traite vraiment : savoir ce qui te motive. Le contact humain, le concret, la technique, l'autonomie, la création. Les tests d'orientation gratuits de Projet Ariane (nouvel onglet) — RIASEC, personnalité, valeurs — relient ton profil à des métiers concrets en quelques minutes, puis aux formations qui y mènent. C'est gratuit, sans publicité et sans carte bancaire, et c'est exactement la matière première qui manque à un portfolio vide. Si tu hésites entre plusieurs outils, notre comparatif quel test d'orientation choisir (nouvel onglet) explique ce que chaque modèle mesure — et ce qu'il ne mesure pas.
Sources officielles citées
- Ministère de l'Éducation nationale — note de service du 2 juillet 2025, « Mise en œuvre du plan Avenir à partir de l'année scolaire 2025-2026 » (NOR : MENE2519127N, Bulletin officiel n° 27 du 3 juillet 2025) : principe selon lequel « l'orientation est une compétence qui s'apprend » ; plan pluriannuel d'éducation à l'orientation adopté en conseil d'administration avant la fin de l'année civile ; quatre demi-journées annuelles dès la 5e et jusqu'à la terminale, sur le temps scolaire ; séquences d'immersion en 3e et en 2de générale et technologique ; visites d'internat et mini-stages de deux jours avec nuitée pour les élèves de 3e ; déploiement de la plateforme Avenir(s) de l'Onisep dans tous les collèges et lycées à compter de septembre 2025 ; valorisation possible du projet d'orientation enregistré sur la plateforme dans Affelnet-Lycée pour l'affectation en voie professionnelle à compter de la rentrée 2026, selon des modalités fixées chaque année par les circulaires académiques ; intégration de MonProjetSup dès la 2de ; expérimentation du professeur référent de la 1re à la terminale ; certification « orientation, parcours, insertion » à partir de la rentrée 2026 ; Cordées de la réussite et prise en compte possible sur Parcoursup, avec un taux de proposition d'admission « sensiblement supérieur » ; label PaRéO (minimum 200 heures d'enseignement et 4 semaines de stage) ; césure et modalités de la case Parcoursup ; taux minimaux de bacheliers professionnels en STS depuis 2018 et obligation de classement des avis positifs depuis 2024 ; BTS en trois ans et CPGE en trois ans pour bacheliers professionnels (Dijon, Grenoble, Lille, Paris en TSI ; Aix-Marseille, Lyon, Paris en filière économique et commerciale) ; 84 campus connectés, 2 M€ en 2026 et 23 % d'étudiants déclarant qu'ils n'auraient pas étudié sans le dispositif ; cible de 30 000 filles supplémentaires en spécialité mathématiques en 2030 et classes Chams en 4e et 3e ; commissions passerelles organisées à l'issue des conseils de classe du 2e trimestre. https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo27/MENE2519127N (nouvel onglet) — consultée le 11 septembre 2026.
- Onisep — la plateforme Avenir(s) : présentation générale, contenu du portfolio élève, activités pédagogiques mises à disposition des équipes. https://www.onisep.fr/avenir-s (nouvel onglet) — consultée le 11 septembre 2026.
- Onisep — accès élève à la plateforme Avenir(s) : connexion via EduConnect ou Educagri. https://app.avenirs.onisep.fr (nouvel onglet) — consulté le 11 septembre 2026.
- Code de l'éducation, article D613-25-2 : cadre des diplômes d'établissement labellisés PaRéO (volume minimal d'enseignement et durée de stage). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071191/LEGISCTA000036695418/ (nouvel onglet) — consulté le 11 septembre 2026.
- Code de l'éducation, articles D611-13 à D611-20 : régime de l'année de césure et valorisation des compétences acquises. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071191/LEGISCTA000027864364/ (nouvel onglet) — consulté le 11 septembre 2026.
À vérifier en relecture : le nombre d'activités pédagogiques proposées sur Avenir(s) (« près de 800 ») provient des pages de présentation de l'Onisep et mérite d'être reconfirmé sur la source avant publication.





