L'alternance reste l'une des voies les plus sûres pour décrocher un diplôme et une vraie première expérience en même temps. Mais toutes les filières ne se valent pas au moment de trouver une entreprise, et tous les niveaux de diplôme non plus. En 2025, la France a enregistré 847 142 contrats d'apprentissage ; à fin juin 2026, 95 200 nouveaux contrats avaient démarré depuis janvier. La vraie question, en cette rentrée, c'est de savoir où sont les places qui restent. Ce guide croise les données de la DARES et de France Travail pour te montrer les secteurs qui recrutent le plus en alternance en 2026, les niveaux où les entrées progressent encore, les territoires où la pénurie joue en ta faveur, et pourquoi la fenêtre reste ouverte jusqu'en décembre. Pour explorer les offres et les filières au fur et à mesure, garde la page alternance de Projet Ariane (nouvel onglet) sous la main.
Le marché de l'alternance en 2026
D'après le tableau de bord de la DARES, mis à jour le 28 août 2026, 847 142 contrats d'apprentissage ont débuté en 2025 dans les secteurs privé et public, soit 4,8 % de moins qu'en 2024 (889 952 contrats). Fin 2025, la France comptait 1 014 671 apprentis, après 1 048 885 fin 2024.
Le premier semestre 2026 confirme le ralentissement, mais en l'atténuant : 95 200 entrées à fin juin, soit −2,2 % sur un an. Le repli est deux fois moins fort que celui enregistré entre 2024 et 2025. Fin juin 2026, 955 000 personnes étaient en contrat d'apprentissage, un effectif en baisse de 3,6 % sur un an.
Une précision de lecture, parce qu'elle évite un contresens fréquent en septembre : ces chiffres s'arrêtent à fin juin. Les entrées de juillet, août et septembre 2026 — de loin les plus nombreuses de l'année — ne sont pas encore publiées. Aucun commentaire sur « la rentrée 2026 de l'apprentissage » ne repose aujourd'hui sur des données réelles : ceux que tu liras d'ici la prochaine actualisation sont des projections.
Autrement dit : le boom se calme, mais on reste sur des volumes qui n'ont rien à voir avec ceux d'il y a dix ans. Ce ralentissement change une chose pour toi : les entreprises sélectionnent un peu plus, et certaines filières se remplissent vite. Viser un secteur qui embauche massivement, c'est mécaniquement multiplier tes chances de signer.
Le tertiaire concentre l'essentiel des contrats. Le commerce et la réparation automobile restent, à eux seuls, le premier secteur d'accueil des apprentis, avec environ 22 % des contrats signés en 2025. Mais le volume ne dit pas tout : ce qui compte pour un candidat, c'est là où la demande dépasse l'offre de profils.
Le clivage qui compte en 2026 : le niveau de diplôme
Avant même de choisir un secteur, regarde ce chiffre — c'est l'un des plus utiles de tout l'article, et presque personne ne le donne.
Sur le premier semestre 2026, les entrées en apprentissage ne bougent pas dans le même sens selon le niveau préparé :
| Niveau de formation | Entrées janv.–juin 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Enseignement secondaire (CAP, bac pro) | 58 500 | +9,2 % |
| Enseignement supérieur (BTS et au-delà) | 36 700 | −16,2 % |
| Ensemble | 95 200 | −2,2 % |
Source : DARES, tableau de bord des contrats d'apprentissage, données à fin juin 2026 (mise à jour du 28 août 2026).
Le marché ne se ferme donc pas partout : il se contracte fortement dans le supérieur et progresse dans le secondaire pour la deuxième année consécutive. Si tu prépares un CAP ou un bac pro, tu arrives sur le segment le plus porteur du moment. Si tu vises un bac+3 ou un master, tu es sur le segment le plus tendu — ce n'est pas une raison de renoncer, c'est une raison de savoir contre quoi tu candidates.
L'explication est budgétaire, pas pédagogique. L'aide à l'embauche versée à l'employeur dépend du diplôme préparé : depuis le 8 mars 2026, une entreprise de moins de 250 salariés perçoit 5 000 € pour un CAP ou un bac pro, 4 500 € pour un BTS, mais seulement 2 000 € à partir de la licence. Et depuis le 1er juillet 2025, l'employeur doit en plus verser une participation obligatoire de 750 € aux frais de formation pour tout contrat à partir de bac+3. Pour une PME, un apprenti en master rapporte donc 1 250 € nets, contre 4 500 € pour un apprenti en BTS.
Deux conséquences pratiques :
- Si tu vises bac+3 ou plus, l'argument financier ne joue pas pour toi. Mise ton dossier sur la valeur produite : un portfolio, un projet mené, une certification technique pèsent davantage qu'une phrase sur les aides.
- Si tu hésites entre deux niveaux et que tu cibles des PME, le BTS ou le BUT te rend nettement moins cher à recruter. Notre comparatif BTS, BUT ou licence : que choisir (nouvel onglet) détaille ce que chaque voie ouvre ensuite — une poursuite d'études reste possible après un BTS en alternance.
Le barème complet des aides et la façon de t'en servir sans maladresse figurent dans notre guide trouver une alternance rapidement (nouvel onglet).
Les secteurs qui recrutent le plus en alternance
Pour repérer les filières porteuses, le meilleur signal reste l'enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) de France Travail, publiée le 21 avril 2026. Elle recense 2,275 millions de projets de recrutement pour l'année, tous contrats confondus, dont 43,8 % jugés difficiles par les employeurs. Ce taux de difficulté est une boussole : plus il est élevé, plus une entreprise a intérêt à former elle-même son futur salarié — donc à prendre un alternant.
Une précision de méthode, parce qu'elle change la lecture : la BMO mesure tous les projets de recrutement, pas seulement l'alternance. Elle ne te dit donc pas combien de contrats d'apprentissage seront signés dans un secteur. Elle te dit où les employeurs peinent à trouver des profils — et c'est précisément dans ces trous-là que l'apprentissage sert de solution de recrutement.
Quatre univers se détachent nettement pour l'alternance en 2026.
Le numérique ne faiblit pas. France Travail y recense 84 227 projets de recrutement, dont près de la moitié (49,5 %) difficiles à pourvoir. Développement, data, réseaux et surtout cybersécurité manquent de bras — et l'apprentissage est devenu la voie d'entrée standard. Regarde du côté du métier de développeur informatique (nouvel onglet) ou de technicien télécoms et réseaux (nouvel onglet), très recherchés en contrat d'apprentissage.
La santé et le social vivent une pénurie durable. Le secteur affiche 322 000 projets de recrutement en 2026, dont 54 % difficiles — et c'est l'un des rares à progresser cette année (+0,4 %), porté par le vieillissement de la population. France Travail chiffre même 500 000 postes à pourvoir dans la santé d'ici 2030. Le métier d'aide-soignant (nouvel onglet) en est l'exemple type : formation accessible, débouchés partout, et une passerelle possible vers le concours d'infirmier.
La transition écologique crée une vague de métiers neufs. Rénovation énergétique, pompes à chaleur, énergies renouvelables : les entreprises recrutent des profils qu'elles doivent former sur mesure, ce qui joue en faveur de l'alternance. Le poste de technicien en énergies renouvelables (nouvel onglet) illustre bien cette dynamique.
Le BTP et l'industrie restent les champions de la tension. Dans la construction, 65 % des projets de recrutement sont jugés difficiles — le taux le plus élevé de tous les secteurs — pour 143 000 projets. L'industrie suit avec 211 000 projets, 48 % de difficulté, et près de 200 000 postes par an à pourvoir d'ici 2035. Les métiers de maçon (nouvel onglet) et de technicien de maintenance industrielle (nouvel onglet) figurent parmi ceux où un apprenti motivé se fait une place rapidement.
Ces quatre univers ont un point commun qui n'est pas un hasard : leurs formations d'entrée sont massivement des CAP, des bacs pro, des BTS et des BUT — exactement les niveaux où les entrées en apprentissage résistent le mieux en 2026. La dynamique par secteur et la dynamique par niveau se renforcent l'une l'autre.
Un point d'honnêteté sur le BTP, parce qu'il est rarement dit : le secteur perd 16,4 % de projets de recrutement en 2026, la plus forte baisse de tous les secteurs. Moins de postes, donc, mais toujours aussi durs à pourvoir. Traduction pour toi : il y a moins d'entreprises qui recrutent, mais celles qui recrutent cherchent vraiment — et un candidat sérieux y reste rare.
Tu veux le panorama complet du marché de l'emploi, au-delà de l'alternance ? On l'a détaillé dans notre article sur les métiers qui recrutent en 2026 (nouvel onglet).
Pourquoi viser un secteur en tension
Un métier « en tension », c'est un métier où l'employeur peine à recruter. Pour un candidat, c'est une excellente nouvelle : moins de concurrence, plus de chances d'être pris, et souvent un vrai projet d'embauche à la clé après le diplôme.
Attention quand même au raccourci « ça recrute, donc c'est facile ». Si le BTP affiche 65 % de recrutements difficiles, c'est aussi parce que les métiers sont physiques et demandent des qualifications précises. Dans la santé, la tension tient autant aux horaires et à la charge qu'au manque de candidats. Les employeurs eux-mêmes le disent : quand ils anticipent une difficulté, ils l'attribuent d'abord à l'inadéquation des profils (84 %) et à la pénurie de candidats (82 %), mais aussi aux conditions de travail dans 39 % des cas. La bonne lecture : une tension élevée signale une opportunité et un métier qui demande un vrai engagement.
Avant de t'orienter vers une filière, renseigne-toi sur son quotidien réel. Une immersion, un stage ou une simple discussion avec un professionnel valent mieux qu'une fiche lue en diagonale. Tu peux aussi croiser les fiches métiers de Projet Ariane (nouvel onglet), qui détaillent conditions de travail, rémunération et recrutements par région.
Où sont les places : volume d'un côté, pénurie de l'autre
C'est le calcul que presque personne ne fait, et c'est pourtant celui qui décide de ta rentrée. Deux chiffres existent pour chaque région, et ils ne racontent pas la même histoire.
Le volume te dit combien de postes existent près de chez toi. Le taux de projets jugés difficiles te dit combien d'employeurs galèrent à les remplir — autrement dit, à quel point tu es attendu. Une région peut être énorme en volume et confortable pour les recruteurs : c'est mauvais signe pour un candidat, parce que ça veut dire beaucoup de concurrents par poste.
| Région | Projets de recrutement 2026 | Part jugée difficile |
|---|---|---|
| Île-de-France | 388 806 (17,1 % du national) | 35,6 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 248 800 (−8 % sur un an) | 50,0 % |
| Normandie | 100 700 | 48,0 % |
| France entière | 2 275 000 (−6,5 %) | 43,8 % |
Source : enquête BMO 2026 de France Travail, publiée le 21 avril 2026.
Lis le tableau dans ce sens : l'Île-de-France est le premier bassin d'emploi du pays — près d'un quart des entrées en apprentissage y sont enregistrées (DARES, 2024) — mais c'est aussi la région où les employeurs se plaignent le moins de difficultés à recruter, avec 35,6 %, soit huit points sous la moyenne nationale. Beaucoup d'offres, donc, mais aussi beaucoup de candidats en face. Un recruteur parisien qui reçoit quarante CV pour une alternance n'a aucune raison de te rappeler si ton dossier est moyen.
À l'inverse, la Nouvelle-Aquitaine (50 % de projets difficiles) et la Normandie (48 %) affichent des taux au-dessus de la moyenne. Moins de postes en valeur absolue, mais un rapport de force nettement plus favorable au candidat.
L'Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième bassin national avec 255 400 projets (11 % du total), offre un compromis intéressant : du volume industriel et numérique, sans la saturation francilienne.
Le contraste est encore plus net quand on descend au niveau d'un secteur. Dans le BTP, trois projets de recrutement sur quatre sont jugés difficiles en Pays de la Loire (75,8 %) et en Bretagne (75,1 %) — plus de dix points au-dessus de la moyenne nationale du secteur, déjà record à 65 %. Si tu prépares un CAP ou un bac pro du bâtiment dans le Grand Ouest, tu n'es pas un candidat parmi d'autres : tu es un profil que les entreprises cherchent activement.
Trois conseils concrets qui découlent de ces chiffres :
- Si tu es en Île-de-France et que tu cherches encore en septembre ou en octobre, élargis vers la grande couronne et vise des entreprises de 20 à 200 salariés. Une PME à Melun ou à Mantes reçoit une fraction des candidatures d'un siège à La Défense.
- Si tu es mobile, une région à forte tension vaut souvent mieux qu'une région à fort volume. L'aide à la mobilité (nouvel onglet) et les dispositifs logement des apprentis existent précisément pour rendre cet arbitrage supportable.
- Regarde le couple métier × région, pas la région seule. Le numérique se concentre dans les grandes métropoles ; le BTP, l'industrie et la santé se répartissent sur tout le territoire, y compris là où la concurrence est faible.
Pour repérer les offres au-delà des plateformes spécialisées, garde un œil sur la page emplois de Projet Ariane (nouvel onglet).
Le calendrier réel des signatures : ce que septembre ne dit pas
Si tu lis ces lignes en septembre sans contrat signé, il y a un chiffre à connaître avant de paniquer. Le calendrier des signatures d'apprentissage est massivement concentré sur la rentrée, mais il ne s'arrête pas là. Sur les 847 142 contrats démarrés en 2025 :
- 103 379 ont démarré en août, soit 12 % de l'année ;
- 439 220 en septembre — à lui seul, ce mois représente 52 % des contrats de l'année ;
- 160 870 en octobre, novembre et décembre, soit encore 19 % de l'année.
Deux lectures à en tirer, et elles sont complémentaires.
D'abord, septembre n'est pas fini. Plus d'un contrat sur deux de l'année démarre dans ce seul mois : au moment où tu lis ces lignes, l'essentiel du pic est encore devant toi ou en cours. C'est la période où une candidature envoyée le jour même de la parution d'une annonce a le plus de valeur, et où une relance passe encore.
Ensuite, près d'un contrat sur cinq démarre après septembre. Pour donner une idée de ce que ça représente, le seul mois d'octobre 2025 a vu démarrer 80 784 contrats — davantage que janvier, février et mars 2026 réunis (56 335). L'automne n'est pas une période de rattrapage marginale : c'est un vrai marché. Un employeur qui n'a pas signé à la rentrée n'a pas renoncé. Il a souvent un alternant qui s'est désisté, un budget débloqué tard, ou un besoin apparu en cours d'exercice — et c'est exactement le type de poste que les candidats découragés ne vont plus chercher en octobre.
Cette saisonnalité se lit aussi par secteur. Les entreprises du BTP, de l'industrie et de la santé, dont les cycles de production ne s'alignent pas sur le calendrier scolaire, recrutent plus tard que les grands groupes du tertiaire, qui bouclent leurs campagnes d'alternance dès le printemps. Deux recrutements sur trois se font d'ailleurs dans des TPE et des PME, qui décident vite mais tard.
Le compte à rebours du 1er janvier 2027
Il y a dans le calendrier 2026 une échéance que peu de candidats connaissent, et qui joue pour toi entre maintenant et la fin de l'année.
Le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 a rouvert une aide exceptionnelle versée à l'employeur au titre de la première année du contrat d'apprentissage. Sa condition de date est précise, et souvent mal citée : elle vise les contrats dont la date de début d'exécution intervient avant le 1er janvier 2027. Ce n'est pas la date de signature qui compte, c'est celle du démarrage effectif du contrat.
Traduction concrète :
- Un contrat qui démarre en septembre, octobre, novembre ou décembre 2026 entre dans les délais.
- Un contrat qui démarre en janvier 2027 n'y entre pas, en l'état actuel du texte.
Il faut le dire honnêtement : cette aide a déjà été prolongée à plusieurs reprises par le passé, et une reconduction pour 2027 reste possible. Mais rien ne la garantit à ce jour, et un employeur qui raisonne en trésorerie ne parie pas sur un décret non publié. Pour toi, l'effet est double.
Côté timing, une entreprise qui hésite entre te faire démarrer en décembre ou en janvier a une raison budgétaire de trancher pour décembre. Si ta formation le permet — beaucoup de CFA acceptent une entrée décalée dans le cycle —, c'est un point à mettre sur la table plutôt qu'à subir.
Côté argumentaire, une phrase factuelle en fin de mail suffit, et il ne faut pas en faire plus : « Un contrat démarrant avant le 1er janvier 2027 ouvre droit à l'aide exceptionnelle prévue par le décret du 6 mars 2026, et mon CFA accompagne l'employeur dans le montage du dossier. » Tu lèves une objection avant qu'elle ne soit formulée, sans transformer ta candidature en argumentaire commercial.
Deux précisions qui évitent les malentendus. L'aide exceptionnelle et l'aide unique aux employeurs d'apprentis (article L6243-1 du Code du travail) sont deux dispositifs alternatifs, jamais cumulables. Et dans tous les cas, l'aide va à l'employeur, jamais à toi : elle ne change rien à ton salaire.
Un second chantier budgétaire : le financement des formations change depuis le 1er septembre 2026
L'aide à l'embauche n'est pas le seul dossier financier du moment. Un texte plus discret, mais qui peut peser sur l'offre de places dans certaines filières, est entré en vigueur en même temps que la rentrée.
Le décret n° 2026-832 du 29 août 2026 (publié au Journal officiel le 15 septembre 2026) fixe de nouveaux niveaux de prise en charge (NPEC) — les sommes que l'OPCO verse au CFA pour financer chaque formation. Il remplace les barèmes fixés en 2024 et 2025, avec un objectif affiché : « garantir une meilleure adéquation entre les coûts de formation et les besoins des branches professionnelles ». France Compétences publie désormais un « Référentiel unique des niveaux de prise en charge », qui donne le montant applicable certification par certification.
Deux points pratiques si tu signes ton contrat après le 1er septembre 2026 :
- Seuls les nouveaux contrats sont concernés. Si ton contrat a été signé avant le 1er septembre 2026, il conserve l'ancien niveau de financement jusqu'à son terme — rien ne change pour toi.
- Les montants montent ou baissent selon la certification, jamais dans le même sens partout. Un CFA dont le financement recule sur ta filière peut ajuster ses places ouvertes ou le contenu de sa formation. Avant de signer, une question simple à poser à ton CFA : « Le niveau de prise en charge de cette formation a-t-il changé avec le décret de septembre ? »
Ce n'est probablement pas le dernier ajustement de l'année. Le budget 2027 de l'apprentissage — montant de l'aide à l'embauche, régime social des apprentis — sera débattu au Parlement à partir d'octobre 2026, dans le cadre du projet de loi de finances. Rien n'est tranché à ce stade : les règles présentées dans cet article restent celles qui s'appliquent aujourd'hui, tant qu'aucun nouveau texte n'est publié.
Trouver ton entreprise après Parcoursup
Une fois tes réponses Parcoursup tombées, le calendrier de l'alternance devient serré : la plupart des contrats pour une rentrée en septembre se signent entre mars et l'été. Si tu t'y prends maintenant, tu es dans la dernière ligne droite du pic — mais tout n'est pas joué, et le marché d'automne existe.
Bonne nouvelle : tu n'es pas obligé d'avoir signé un contrat pour commencer. Depuis la loi du 5 septembre 2018, tu peux intégrer un CFA sans employeur et disposer d'un délai de trois mois pour trouver ton entreprise (article L6222-12-1 du Code du travail). Pendant cette période, tu as le statut de stagiaire de la formation professionnelle — tu suis les cours, mais tu n'es pas encore rémunéré — et le CFA a l'obligation de t'aider dans ta recherche. Quand tu signes, la durée de ton contrat est réduite du nombre de mois déjà écoulés depuis le début du cycle.
Un point de calendrier à noter si tu es dans ce cas : une entrée en formation à la rentrée de septembre place la fin de ton délai de trois mois autour de la mi-décembre — soit à quelques jours de l'échéance de l'aide exceptionnelle vue plus haut. Les deux horloges tournent ensemble. C'est une raison de solliciter le référent entreprises de ton CFA dès la première semaine plutôt qu'au deuxième mois : il dispose de réseaux d'entreprises partenaires que tu ne trouveras sur aucune plateforme.
Ne confonds pas cette règle avec une autre, voisine et souvent mélangée : l'article L6222-12 autorise le contrat d'apprentissage à démarrer jusqu'à trois mois avant ou après le début du cycle de formation. Deux articles, deux mécanismes différents.
Ce filet de sécurité te laisse le temps de continuer à candidater après la rentrée. Pour la méthode concrète — où chercher, comment relancer, quelles erreurs éviter — on a écrit un guide dédié : trouver une entreprise en alternance (nouvel onglet). Et si les semaines passent sans contrat signé, notre article sur la règle des 3 mois et le démarrage en CFA (nouvel onglet) détaille la marche à suivre, échéance par échéance.
Un dernier point de vocabulaire qui compte : apprentissage et contrat de professionnalisation ne se valent pas selon ton âge et ton projet. On compare les deux dans contrat d'apprentissage ou de professionnalisation (nouvel onglet).
Combien tu gagnes selon le secteur
En contrat d'apprentissage, ton salaire est un pourcentage du SMIC qui dépend de ton âge et de ton année de formation. Depuis le 1ᵉʳ juin 2026, le SMIC s'élève à 1 867,02 € brut par mois : c'est la base sur laquelle se calcule ta rémunération. Beaucoup de branches et de grandes entreprises appliquent des grilles plus avantageuses que le minimum légal — un point à vérifier avant de signer.
Le secteur pèse aussi sur la suite. Dans le numérique ou l'industrie, les salaires de sortie sont souvent plus élevés que dans le commerce ou l'hôtellerie, mais chaque métier a ses propres repères. Le plus fiable est de comparer poste par poste : nos fiches formations (nouvel onglet) et fiches métiers indiquent les rémunérations réelles.
Pour le détail complet de la grille d'apprentissage 2026 selon ton âge et ton année, on a tout mis à plat dans notre article salaire en alternance 2026 (nouvel onglet). Pense aussi aux coups de pouce financiers spécifiques aux apprentis (aide au permis, mobilité, logement), rassemblés sur la page des aides (nouvel onglet) : plusieurs se débloquent dès la signature, autant monter les dossiers à l'avance.
Choisir un secteur qui te correspond vraiment
Un secteur qui recrute n'est un bon choix que s'il te correspond. Les chiffres de la BMO te disent où sont les places ; ils ne te disent pas lesquelles valent le coup pour toi. Signer une alternance dans une filière qui t'ennuie, c'est prendre le risque d'une rupture de contrat en cours d'année — une situation fréquente et évitable.
Le bon ordre : d'abord clarifier ce qui te motive (le contact humain, le concret, la technique, l'autonomie), ensuite explorer les métiers porteurs, puis vérifier les formations et les aides. Les tests d'orientation gratuits de Projet Ariane (nouvel onglet) — RIASEC, personnalité, valeurs — relient ton profil à des métiers concrets en quelques minutes. De quoi transformer une liste de secteurs qui recrutent en un projet qui tient vraiment la route.
Sources officielles citées
- DARES — PoEm, synthèse « Contrats d'apprentissage » (mise à jour du 28 août 2026, données à fin juin 2026) : 847 142 contrats démarrés en 2025 (−4,8 % sur 2024, contre 889 952 en 2024) ; 501 163 entrées dans le supérieur en 2025 (−7,4 %) et 345 979 dans le secondaire (−0,7 %) ; 1 014 671 apprentis fin 2025 après 1 048 885 fin 2024 ; 95 190 entrées cumulées à fin juin 2026 (−2,2 %), dont 58 528 dans le secondaire (+9,2 %) et 36 662 dans le supérieur (−16,2 %) ; 954 997 apprentis fin juin 2026 (−3,6 %) ; répartition mensuelle 2025 (103 379 en août, 439 220 en septembre, 80 784 en octobre, 45 036 en novembre, 35 050 en décembre) ; 56 335 entrées cumulées de janvier à mars 2026 ; barème de l'aide à l'embauche applicable depuis le 8 mars 2026 et participation employeur de 750 € pour les niveaux 6 et 7 depuis le 1er juillet 2025. https://poem.travail-emploi.gouv.fr/synthese/contrats-d-apprentissage (nouvel onglet) — consultée le 10 septembre 2026 ; aucune actualisation depuis le 28 août 2026.
- DARES — L'apprentissage en 2024 (DARES Résultats, janvier 2026) : près d'un quart des entrées en apprentissage enregistrées en Île-de-France ; poids du commerce et de la réparation automobile parmi les secteurs d'accueil. dares.travail-emploi.gouv.fr — consulté en août 2026.
- France Travail — Enquête Besoins en main-d'œuvre (BMO) 2026, publiée le 21 avril 2026 : 2,275 M de projets de recrutement (−6,5 %), 43,8 % jugés difficiles (−6,3 points sur un an), deux recrutements sur trois en TPE-PME, taux de difficulté par secteur (BTP 65 % pour 143 000 projets et −16,4 % de projets sur un an ; santé 322 000 projets, 54 %, +0,4 % ; industrie 211 000 projets, 48 % ; numérique 84 227 projets, 49,5 %), motifs de difficulté déclarés (inadéquation des profils 84 %, pénurie de candidats 82 %, conditions de travail 39 %). https://www.francetravail.org/accueil/actualites/2026/enquete-bmo-2026-france-travail-deploie-sa-strategie-sectorielle-face-a-pres-de-2-3-millions-de-projets-de-recrutement.html (nouvel onglet) — consultée le 21 août 2026.
- France Travail — BMO 2026, données régionales : Île-de-France 388 806 projets (17,1 % du national), 35,6 % jugés difficiles (−6,1 points sur un an) ; Auvergne-Rhône-Alpes 255 400 projets (11 %). https://statistiques.francetravail.org/bmo (nouvel onglet) — consultées en août 2026.
- Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine — BMO 2026 (article du 28 avril 2026) : 248 800 projets de recrutement en Nouvelle-Aquitaine (−8 %), 50 % jugés difficiles. https://pro.cap-metiers.fr/economie-besoins-regionaux/bmo-2026-moins-dun-projet-dembauche-sur-deux-juge-difficile/ (nouvel onglet) — consulté le 21 août 2026.
- CCI Normandie — BMO 2026 : 100 700 projets de recrutement en Normandie, 48 % jugés difficiles (−5 points sur un an). https://www.normandinamik.cci.fr/enquete-bmo-2026-100-700-projets-de-recrutement-en-normandie/ (nouvel onglet) — consulté le 21 août 2026.
- Observatoire des métiers du BTP — Les projets de recrutement dans la construction en 2026 : trois projets sur quatre jugés difficiles en Pays de la Loire (75,8 %) et en Bretagne (75,1 %). https://www.metiers-btp.fr/actualites/projets-recrutement-bmo-2026/ (nouvel onglet) — consulté le 21 août 2026.
- Décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis (JORF n° 0057 du 7 mars 2026) : contrats conclus à partir du 8 mars 2026 dont la date de début d'exécution intervient avant le 1er janvier 2027 ; aide versée au titre de la première année d'exécution ; plafond porté à 6 000 € pour un apprenti reconnu travailleur handicapé ; non-cumul avec l'aide unique aux employeurs d'apprentis. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053634597 (nouvel onglet) — consulté le 10 septembre 2026.
- Décret n° 2026-832 du 29 août 2026 fixant les niveaux de prise en charge des contrats d'apprentissage (publié au JORF le 15 septembre 2026, en vigueur depuis le 1er septembre 2026) : nouveaux montants de carence applicables aux contrats conclus à compter du 1er septembre 2026, contrats antérieurs conservant l'ancien barème jusqu'à leur terme, remplacement des décrets du 5 juillet 2024 et du 29 août 2025. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000054762162/2026-09-01 (nouvel onglet) — consulté le 27 septembre 2026.
- DREETS Normandie — « Apprentissage : nouveaux niveaux de prise en charge pour les contrats conclus à compter du 1er septembre 2026 » : présentation officielle du décret n° 2026-832 et de son champ d'application. https://normandie.dreets.gouv.fr/Apprentissage-nouveaux-niveaux-de-prise-en-charge-pour-les-contrats-conclus-a (nouvel onglet) — consulté le 27 septembre 2026.
- Code du travail, article L6243-1 : aide unique aux employeurs d'apprentis. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037380131 (nouvel onglet) — consulté en septembre 2026.
- Code du travail, article L6222-12-1 : entrée en CFA sans employeur, délai de trois mois, statut de stagiaire de la formation professionnelle, accompagnement par le CFA et réduction de la durée du contrat à la signature (disposition issue de la loi du 5 septembre 2018). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037385961 (nouvel onglet) — consulté en août 2026.
- Code du travail, article L6222-12 : début du contrat d'apprentissage jusqu'à trois mois avant ou après le début du cycle de formation. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037385971 (nouvel onglet) — consulté en août 2026.





