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Arts, métiers d'art et artisanat · B1809

Sellier/ère

À l'origine spécialiste du cuir pour fabriquer selles et harnachements pour les chevaux, le sellier travaille désormais tous les matériaux souples. Son savoir-faire trouve des débouchés dans l'industrie automobile ou nautique, la maroquinerie, etc.

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Le métier en détail

Le sellier ou la sellière, c'est l'héritier d'un savoir-faire ancestral qui s'est réinventé. Historiquement, ce métier était consacré à la fabrication des selles et des harnachements pour chevaux — tu le devinais au nom. Aujourd'hui, le sellier est devenu un véritable artisan du travail des matériaux souples : cuir, toile, textiles techniques. Tes mains façonnent des pièces pour l'automobile (sièges de prestige, ceintures de sécurité), l'industrie nautique (voiles, housses), la maroquinerie de luxe, ou même des équipements professionnels sur mesure.

Le travail commence par le choix des matériaux — tu sélectionnes cuir ou alternatives selon leur grain, leur résistance, leur esthétique. Puis vient la coupe : tu utilises des patrons pour découper les pièces avec précision, souvent sur un plan de travail dédié. L'assemblage suit : couture à la main, à la machine, collage, rivetage, selon le projet. Les finitions — repassage, teinture, brochage — donnent à l'objet son caractère final. Chaque pièce raconte quelque chose : robustesse, élégance, fonctionnalité.

Tu travailles seul ou en petit collectif dans des ateliers artisanaux, des PME spécialisées, ou des départements de grandes entreprises. Le salaire débutant se situe à 2 019 € net par an, avec une médiane à 2 032 € net/an selon France Travail. Ce n'est pas un revenu faramineux d'entrée, mais la qualification ouvre progressivement à des postes mieux rémunérés, notamment en création ou restauration spécialisée.

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Une journée type

Tu arrives à 8h à l'atelier — un espace bien éclairé où traînent les senteurs de cuir frais et de produits d'entretien. Première heure : tu consultes les commandes du jour sur le planning mural ou une fiche de production. Il y a trois projets : deux ceintures personnalisées, une housse pour siège automobile. Tu commences par préparer tes outils : couteaux circulaires, poinçons, machines à coudre (Juki, Pfaff pour les ateliers modernes), pince à riveter, fers à repasser. Entre 9h et 12h, c'est la phase de coupe. Tu étalles le cuir ou le textile sur ton plan de travail et tu suis scrupuleusement les patrons en carton ou sur ordinateur (certains ateliers utilisent des logiciels de CAO simple). Les chutes s'accumulent — elles ne sont jamais jetées, réutilisées pour des pièces plus petites. Après la pause déjeuner, direction l'assemblage. Tu couds à la main avec du fil de lin ciré ou tu pilotes la machine à coudre pour les coutures linéaires. Un projet plus délicat nécessite du collage à la colle à base d'eau ou de contact. Vers 15h, tu poses les rivets, appliques les finitions, vérifie la qualité en comparant le résultat au modèle référent. Entre 16h et 17h, tu nettoies tes outils, mets de côté les pièces terminées pour la vérification finale, et tu notes sur les fiches ce qui a été fait pour la traçabilité.

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Compétences clés

Le sellier ne se contente pas de savoir manier un poinçon. C'est un mélange de savoir-faire manuel, de rigueur technique et de certaines qualités relationnelles — d'autant plus si tu travailles sur des commandes de clients exigeants ou en atelier partagé.

Compétences techniques

  • Maîtrise du dessin et des patrons, capacité à adapter un modèle aux mesures d'un client
  • Couture à la main (point de sellier, points spécialisés) et maîtrise des machines à coudre industrielles
  • Connaissance des matériaux : cuir (grains, épaisseurs, finitions), textiles techniques, colles, teintures
  • Utilisation d'outils manuels et mécaniques : couteaux circulaires, poinçons, fers à repasser, riveteuses
  • Lecture de plans et respect des tolérances dimensionnelles

Compétences comportementales

  • Rigueur et attention au détail (une couture bâclée se voit)
  • Patience et capacité à répéter des gestes précis sans monotonie
  • Communication claire avec les clients ou les responsables de production pour clarifier les attentes
  • Créativité dans la résolution de problèmes (adapter une technique si le matériau n'est pas celui prévu)
  • Respect des délais et des fiches de production
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Évolutions de carrière

À 5 ans d'expérience, tu peux devenir chef d'atelier ou leader technique dans une PME : tu supervises 2 à 4 selliers juniors, valides la qualité, gères les commandes. Ton salaire augmente, mais tu gagnes surtout en stabilité et en reconnaissance. Certains choisissent de se spécialiser : restauration de pièces anciennes (secteur de l'artisanat d'art pur), haute maroquinerie de luxe (Hermès, Longchamp recrutent aussi en région parisienne), ou pièces nautiques techniques.

À 10 ans, tu peux prétendre à un poste de responsable de production dans une usine textile ou automobile : gestion de chaîne, amélioration des processus, formation des nouveaux. Alternativement, certains s'installent à leur compte : ouverture d'un petit atelier de réparation, de création sur commande, ou de restauration spécialisée. C'est le vrai chemin vers l'indépendance financière.

À 15 ans, les trajectoires divergent : encadrement confirmé en grande entreprise (contremaître, superviseur), gestion d'atelier personnel prospère, ou enseignement en lycée professionnel (si tu passes une formation pédagogique). Les selliers retraités reconnaissent souvent que le métier use les poignets et le dos — la question de la reconversion ou du passage à des rôles moins physiques se pose naturellement.

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Tendances marché

Le marché du sellier subit des transformations concrètes. D'abord, la question des matériaux : les alternatives végétales et synthétiques progressent, notamment en automobile et en nautisme, où la durabilité devient un argument commercial. Les selliers doivent se former à ces nouveaux textiles pour rester employables.

Ensuite, l'automatisation avance lentement : les machines à coudre sont plus précises, les découpes laser apparaissent dans certains gros ateliers (Île-de-France, Rhône-Alpes), mais elles ne remplacent pas le travail d'assemblage fin et la retouche manuelle. Les données de recrutement auprès de France Travail ne donnent pas de score de tension disponible pour ce métier, ni de projets BMO chiffrés, mais les régions où l'automobile domine (Alsace, Provence-Alpes-Côte d'Azur pour les yachts) restent des bassins d'emploi stables.

La vraie tendance : une polarisation. Les ateliers artisanaux survivent grâce à la personnalisation et au luxe, tandis que les petites usines qui faisaient du volume standard disparaissent progressivement. Être sellier aujourd'hui, c'est accepter que tu devras soit te spécialiser, soit accepter un salaire modeste mais sécurisé en PME de niche.

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Débouchés réels

Le sellier débouche sur une mosaïque d'employeurs. Le secteur automobile (sièges de voitures premium, intérieurs de véhicules personnalisés) reste un gros recruteur — Renault, PSA, Ferrari même à Maranello attirent les selliers confirmés. L'industrie nautique de luxe (Bénéteau, Azimut en Provence) emploie des selliers pour les intérieurs de bateau. La maroquinerie historique (Hermès à Paris, Lancel) continue, mais très sélectivement.

Les ateliers artisanaux de réparation, restauration et création sur commande sont omniprésents : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux. Nombreux sont indépendants (40 % du secteur estimé). Les lycées professionnels ont besoin de formateurs. Les musées (Cluny, Victoria and Albert) emploient des restaurateurs spécialisés.

Secteurs et types d'employeurs

  • Usines automobile et transport (Île-de-France, Alsace, Provence-Alpes-Côte d'Azur)
  • Ateliers artisanaux de maroquinerie et restauration (tous les bassins urbains)
  • Entreprises de luxe (très concentrées région parisienne)
  • PME de textiles techniques ou équipements professionnels (Auvergne-Rhône-Alpes)
  • Secteur public : musées, restauration du patrimoine, enseignement professionnel
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Conseils d'orientation

Pour devenir sellier, il te faut d'abord une formation qualifiante. Le chemin classique, c'est un CAP Maroquinerie (2 ans après la 3e) ou CAP Chaussure et maroquinerie dans un lycée professionnel. Après, tu peux continuer avec un Bac professionnel Métiers de la mode ou une spécialisation Bac +2 en chaussure et maroquinerie (comme le BTS ou équivalent) pour accéder à des postes de création ou d'encadrement plus rapidement.

Actions concrètes pour construire ton projet

  • Cherche un lycée pro ou CFA en maroquinerie : Nantes, Paris, Lyon, Marseille ont d'excellents établissements
  • Fais un stage en atelier dès la 4e ou 3e pour tester : contacte directement les ateliers de réparation à proximité, ça recrute souvent
  • Joins-toi à une association d'artisans : Chambre des Métiers de ta région, Entreprendre & Compétences — elles accueillent les jeunes curieux
  • Apprends à dessiner et à lire des plans : cours en ligne gratuits ou chez un Centre de Formation
  • Constituez un petit portfolio de pièces faites à la main : une ceinture, une pochette en cuir — ça parle plus fort qu'un CV
  • Réseau : visite les Salons du métier et de l'artisanat, où se croisent formateurs, patrons et jeunes
Données marché

Le marché de l'emploi.

Code ROME

Sellier / Sellière

B1809

Le Sellier est un artisan de précision qui façonne et répare des articles en cuir. Conçoit et réalise des articles de maroquinerie et de sellerie à la demande Conseille les clients sur le choix des matériaux et des designs Sélectionne, découpe et prépare le cuir selon les besoins de l'article à produire Réalise l'assemblage et les finitions des articles Restaure des articles en cuir endommagés ou usés

Salaire net moyen

médiane annuelle · France Travail

Tension marché

Donnée non disponible

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7 avril 2026Mis à jour le 9 avril 2026
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