Aller au contenu
Chimie, matériaux et plasturgie · F1116

Ingénieur / Ingénieure Démantèlement Nucléaire

L'Ingénieur(e) démantèlement nucléaire joue un rôle crucial dans la gestion sécurisée des installations nucléaires en fin de vie. Planifie et supervise le démantèlement des installations nucléaires en respectant les normes de sécurité et environnementales Évalue les risques…

Section 01

Le métier en détail

Tu t'engages dans un métier d'ingénieur ultra-spécialisé : Ingénieur / Ingénieure démantèlement nucléaire. Ta mission est de planifier et de superviser le démantèlement complet des installations nucléaires arrivées en fin de vie — réacteurs, bâtiments, équipements hautement contaminés — en garantissant la sécurité maximale et la conformité réglementaire.

Concrètement, tu analyses chaque installation complexe pour définir la stratégie de déconstruction : quels équipements enlever en premier, comment gérer les déchets radioactifs, quels risques anticiper. Tu n'improvises rien. Chaque décision s'appuie sur des normes strictes (code de l'environnement, directives nucléaires) et sur des études de risques détaillées. Tu coordonnes des équipes techniques composées d'opérateurs, de techniciens en radioprotection et d'experts en décontamination. Tu validez les procédures, tu vérifie la conformité des chantiers, tu documente chaque étape avec précision.

Ce métier existe parce que la France doit fermer ses réacteurs obsolètes (notamment à Fessenheim, Tricastin, Chinon) et qu'il faut les démanteler sans risque environnemental ni exposition du personnel. Le parc nucléaire français continue de produire, mais aussi de vieillir, créant une demande réelle.

Salaire débutant : 3 857 € net/mois selon France Travail ; salaire médian : 4 553 € net/mois ; salaire expérimenté : 5 018 € net/mois. Le BMO recense 2 214 projets de recrutement par an, ce qui indique une demande stable mais étroite — tu dois vraiment vouloir ce spécialisme.

Section 02

Une journée type

Ta journée en tant qu'Ingénieur / Ingénieure démantèlement nucléaire varie selon que tu es sur un chantier ou en bureau d'études.

Le matin (8h-10h), tu commences en salle de réunion avec l'équipe projet : revue du planning, des incidents survenus, des mesures de radioactivité relevées hier. Tu consultes les données du logiciel de suivi de chantier (type GanttProject ou SAP pour les grands groupes comme EDF ou Framatome). Tu analyses les rapports de dosimétriques : quelle dose a reçu chaque agent ? Est-on en dessous des seuils ? Tu échanges avec le responsable radioprotection pour valider les zones de travail.

En milieu de journée (10h-14h), tu te rends sur le terrain si c'est une phase critique. Tu inspectes un secteur en cours de décontamination, tu supervises des opérations de découpe d'équipements (réacteur, cuves, tuyauteries). Tu consultes tes plans en réalité augmentée ou sur tablette, tu discutes directement avec les chefs d'équipe pour ajuster les procédures. Tu relèves des photos de conformité pour la documentation obligatoire.

L'après-midi (14h-17h), retour au bureau. Tu rédiges des rapports de non-conformité, tu mets à jour les bases de données de déchets radioactifs (inventaire, classification), tu prépares les dossiers de demande d'autorisation auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Tu participes à une réunion avec le client (EDF, Orano, collectivité locale) pour justifier l'avancement et les coûts.

Section 03

Compétences clés

Pour réussir dans ce poste, tu dois combiner une rigueur scientifique absolue avec des capacités de gestion de projet et de coordination humaine. L'enjeu n'est pas seulement technique : tu dois convaincre, documenter et anticiper chaque risque.

Compétences techniques :

  • Physique nucléaire, radioactivité et dosimétrie (connaissance des irradiations, des décroissances radioactives)
  • Génie civil et démolition sécurisée (déconstruction progressive de structures massives)
  • Logiciels de gestion de projets et de modélisation 3D (CAO, GanttProject, AutoCAD)
  • Réglementation nucléaire française et européenne (code de l'environnement, directives IAEA)
  • Certification obligatoire en radioprotection (niveau 3 minimum en France)

Compétences comportementales :

  • Rigueur et respect de protocoles (zéro improvisation en zone nucléaire)
  • Capacité de leadership et coordination d'équipes pluridisciplinaires
  • Communication claire avec les autorités, les clients et les équipes terrain
  • Gestion des risques et capacité à anticiper les incidents
  • Résilience face à l'imprévu (les chantiers révèlent souvent des surprises)
Section 04

Évolutions de carrière

Après 3-5 ans comme Ingénieur / Ingénieure démantèlement nucléaire junior, tu peux être promu Ingénieur démantèlement senior ou Chef de projet démantèlement, prenant en charge plusieurs chantiers simultanément et gérant directement un budget de plusieurs millions d'euros.

À 10 ans d'expérience, tu peux accéder à des postes de Responsable technique démantèlement au sein d'EDF, Framatome ou Orano, supervisant une région ou un site entier, ou piloter la transition vers des postes de Manager HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) dans le nucléaire. Certains ingénieurs pivotent vers le contrôle qualité ou l'audit interne pour les autorités.

À 15 ans, les trajectoires divergent : tu peux atteindre Directeur technique d'une unité de démantèlement, ou basculer vers le conseil en tant qu'expert-consultant auprès de l'ASN ou de maîtres d'ouvrage internationaux. Quelques ingénieurs expérimentés deviennent formateurs en radioprotection ou responsables de conformité réglementaire pour des groupes nucléaires.

Le secteur offre aussi des opportunités à l'international (démantèlement en Allemagne, Belgique, Suisse), ce qui élargit les horizons à partir du niveau senior.

Section 05

Tendances marché

Le secteur connaît une accélération du démantèlement en France et en Europe. EDF doit fermer une quinzaine de réacteurs d'ici 2035 ; chaque fermeture implique 10 à 15 ans de démantèlement intensif. Le BMO recense 2 214 projets de recrutement par an, un chiffre stable qui montre une demande structurelle, ni en boom ni en déclin.

Les transformations technologiques impactent le métier : utilisation croissante de robots téléopérés pour les zones les plus radioactives, de drones pour l'inspection sans risque, et de logiciels de suivi temps réel (big data appliquée à la dosimétrie). Le secteur s'automatise, mais cela crée du besoin pour des ingénieurs capables de piloter ces innovations, pas de destruction d'emplois.

La réglementation s'affine : l'ASN renforce les critères de sûreté et de gestion des déchets. Cela augmente la complexité des projets et crée un besoin pour des profils hautement formés. Enfin, la question de l'énergie nucléaire décarbonée fait que la France maintient son investissement public et privé dans le nucléaire — y compris la gestion sécurisée de ses installations anciennes. Le métier reste un enjeu stratégique d'État.

Section 06

Débouchés réels

Les débouchés se concentrent dans un écosystème restreint mais solide. Tu travailles principalement pour EDF (premier employeur, chantiers de Fessenheim, Tricastin, Chinon, Cattenom), Framatome (groupe du nucléaire), Orano (gestion des déchets radioactifs), ou des sociétés de services spécialisées (Ionisos, TN International, Altrad, groupe Eiffage Nucléaire). Le secteur public (CEA, IRSN) recrute aussi, mais de manière plus épisodique.

Types d'employeurs :

  • Grands groupes industriels nucléaires (EDF, Framatome, Orano)
  • Entreprises de construction et travaux nucléaires (Eiffage Nucléaire, Ionisos, TN International)
  • Organismes publics (CEA, IRSN, Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs)
  • Bureaux d'études spécialisés en ingénierie nucléaire

Localisation géographique : Rhône-Alpes (Tricastin, Creys-Malville), Alsace (Fessenheim), Centre-Val de Loire (Chinon, Avoine), Normandie (Flamanville). Quelques postes en Île-de-France (EDF, Framatome).

Part public/privé : Environ 60 % privé (EDF, Framatome, SME), 40 % public (CEA, IRSN, collectivités).

Section 07

Conseils d'orientation

Tu dois accepter une réalité : ce métier demande un parcours très balisé et une certification obligatoire. Il n'y a pas d'improvisation possible, ce qui sécurise ton emploi mais limite la flexibilité. Si tu aimes la liberté créative, ce n'est pas pour toi. Si tu cherches une spécialité rare et stable, c'est l'idéal.

Actions concrètes pour construire ton parcours :

  • Formation initiale : Intègre une école d'ingénieur généraliste (Mines, CentraleSupélec, Bordeaux INP) ou une école spécialisée (INP, ISAE-SUPAERO). Si tu viens de STI2D ou d'un BTS, cherche une licence professionnelle en génie nucléaire, puis un master.
  • Master ciblé : Après la L3, vise un Master Physique nucléaire, Master Génie nucléaire ou Master Sûreté nucléaire (Université Paris-Saclay, Université Aix-Marseille, Université Montpellier).
  • Certification radioprotection : Débute ta formation niveau 3 radioprotection dès la licence. C'est obligatoire en France ; des organismes accréditée la délivrent (SFRP, CEFNS).
  • Stage / alternance : Dès la 2e année, cherche un stage chez EDF, Framatome, Orano ou une SME (Petite-Moyenne Entreprise) nucléaire. Sites : jobboards d'EDF, Welcome to the Jungle, les partenaires des écoles.
  • Réseau : Intègre des associations d'ingénieurs nucléaires (SFEN — Société Française d'Énergie Nucléaire), assiste à des congrès, discute avec des ingénieurs en exercice.
  • Langues : L'anglais est un plus (nombreux projets internationaux, documentation IAEA en anglais).
Données marché

Le marché de l'emploi.

Code ROME

Ingénieur / Ingénieure démantèlement nucléaire

F1116

L'Ingénieur(e) démantèlement nucléaire joue un rôle crucial dans la gestion sécurisée des installations nucléaires en fin de vie. Planifie et supervise le démantèlement des installations nucléaires en respectant les normes de sécurité et environnementales Évalue les risques associés aux opérations de démantèlement et met en place des mesures de mitigation Coordonne les équipes techniques et assure la formation aux procédures spécifiques de démantèlement Optimise les processus pour minimiser les déchets radioactifs et leur impact sur l'environnement Assure la conformité réglementaire et documente toutes les étapes du processus de démantèlement Collabore avec des experts en radioprotection pour garantir la sécurité de toutes les opérations

Salaire net moyen

4 553 €

médiane annuelle · France Travail

Tension marché

0.785228457686319 sur 5 · DARES

Recrutements

2 214

projets · BMO

Opportunités

Offres d'emploi récentes.

À découvrir

Métiers similaires