Enseignant/e-Chercheur/euse

Fonction publiquefonctionnaireK2108

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Double mission pour l'enseignant-chercheur ou l'enseignante-chercheuse au sein d'une université ou d'une grande école : faire progresser la recherche dans sa discipline et transmettre les connaissances qui en sont issues à ses étudiants.

Qu'est-ce que le métier de enseignant/e-chercheur/euse ?

Quand tu deviens enseignant-chercheur, tu dois jongler entre deux mondes : la recherche scientifique et l'enseignement. C'est une double responsabilité qui définit vraiment ce métier. Tu passes une part importante de ton temps à produire de nouvelles connaissances dans ta spécialité — biologie moléculaire, histoire médiévale, mathématiques appliquées, peu importe — et l'autre part à transmettre ces savoirs à tes étudiants en cours magistraux, travaux dirigés et encadrements de thèses.

En université ou en grande école, tu n'es pas seul(e) : tu collabores avec d'autres chercheurs, tu supervises des doctorants, tu publies dans des revues scientifiques reconnaissables (indexées sur Google Scholar ou Web of Science). La recherche, c'est ce qui justifie ta légitimité pédagogique — tu enseignes ce que tu explores activement.

Selon France Travail, un enseignant-chercheur débutant gagne 2 209 € net par an, avec un salaire médian de 4 274 € net par an. À l'expérience, ce chiffre monte à 4 662 € net par an. Le BMO recense 1 627 projets de recrutement par an en France, ce qui montre une demande réelle mais encadrée.

L'accès passe obligatoirement par un concours (Maître de Conférences ou Professeur) ou par l'Agrégation (PRAG). Il faut minimum un Bac+8 : master 2 recherche + doctorat. C'est un investissement personnel long, mais c'est l'architecture du système français.

À quoi ressemble une journée de enseignant/e-chercheur/euse ?

Lundi matin, 8h30, tu arrives à ton bureau à la Sorbonne ou à Toulouse III. Avant tes cours, tu ouvres tes mails : un étudiant demande une correction de mémoire, ta directrice de recherche propose une réunion avec le groupe de labo sur les résultats des dernières expériences. Tu consacres une heure à relire des articles publiés récemment (via ScienceDirect ou PubMed selon ta discipline) pour ta revue de littérature en cours. À 10h, tu franchis le couloir : premier cours magistral avec 200 étudiants en licence. PowerPoint, vidéos, tableau blanc, questions. À 12h, déjeuner rapide à la cafétéria avec deux collègues — vous discutez d'un projet ANR que vous monteriez ensemble. L'après-midi : 14h-15h, TP en petit groupe avec des master 1. Tu montres comment interpréter les données, tu corriges les erreurs conceptuelles. À 15h30, réunion d'équipe de recherche au labo : trois doctorants exposent l'avancée de leurs travaux, vous trouvez des solutions sur des blocages. À 17h, tu reviens à ton bureau : trois heures de rédaction pour finir un article soumis à une revue, avec les tableaux générés par R ou Python.

Quelles compétences pour devenir enseignant/e-chercheur/euse ?

L'enseignant-chercheur combine expertise scientifique pointue et capacité à transmettre. Tu dois maîtriser ta discipline à un niveau très élevé — c'est non-négociable — mais aussi savoir l'expliquer à des publics variés (étudiants débutants, pairs, institutions de financement).

Compétences techniques

  • Maîtrise avancée des méthodes de ta discipline (chimie de synthèse, analyse statistique, critique de sources historiques…)
  • Pratique des outils de recherche : bibliographies numériques (Zotero, Mendeley), logiciels de traitement de données (SPSS, R, Python), bases de données spécialisées
  • Rédaction scientifique et publication académique
  • Gestion de projets de recherche et de budgets (demandes ANR, appels d'offres)

Compétences comportementales

  • Pédagogie et clarté d'expression face à un public hétérogène
  • Rigueur intellectuelle et honnêteté scientifique
  • Curiosité permanente et adaptabilité face aux nouveaux enjeux de ta discipline
  • Collaboration multidisciplinaire et internationale
  • Autonomie et capacité à motiver une équipe (doctorants, stagiaires)

Comment évoluer en tant que enseignant/e-chercheur/euse ?

Tu commences presque toujours comme Maître de Conférences (MCF) après avoir réussi le concours. C'est un emploi d'État avec stabilité de fonctionnaire. À 5 ans, tu as publié régulièrement, tu mènes un petit groupe de recherche, tu as peut-être porté un projet ANR. Tes enseignements sont reconnus, tu es progressivement intégré(e) aux responsabilités pédagogiques de ton université.

Vers 10-12 ans de carrière, tu peux postuler pour devenir Professeur d'Université — autre concours, plus sélectif. C'est une vraie rupture : salaire plus élevé, légitimité accrue à piloter des projets nationaux ou européens, responsabilités administratives plus lourdes (direction de laboratoire, direction d'école doctorale). Certains restent MCF leur vie entière, d'autres visent le professorat.

Après 15 ans, tu peux accumuler des postes de responsabilité : Directeur/rice de recherche, Directeur/rice de laboratoire, Directeur/rice d'école doctorale. Quelques-uns s'engagent en administration universitaire (vice-président recherche, etc.). D'autres bifurquent vers le privé (R&D en industrie) ou vers des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRAE).

Quelles sont les perspectives d'emploi pour enseignant/e-chercheur/euse ?

Tendances

Le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche public fait face à des tensions réelles. Le BMO enregistre 1 627 projets de recrutement annuels, mais les concours MCF et Professeur restent extrêmement compétitifs — des centaines de candidats pour quelques dizaines de postes selon les disciplines. Les universités récemment ont reçu des budgets de recherche instables, ce qui complique les embauches de doctorants et postdocs.

Parallèlement, les enseignants-chercheurs subissent une charge administrative croissante (évaluations, dossiers ANR, accréditations). Les attentes envers l'internationalisation et la publication s'accélèrent : une carrière de recherche implique maintenant des séjours à l'étranger, des collaborations en réseau, des publications en anglais. L'open science impose aussi une transparence accrue (données ouvertes, preprints).

Les régions les plus actives restent l'Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine, où se concentrent les universités de recherche et les grands organismes.

Débouchés

En France, tu travailles presque exclusivement dans le secteur public : universités (Sorbonne, PSL, Toulouse III, Grenoble-Alpes…), grandes écoles d'ingénieurs ou commerciales, organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRAE, CEA). Quelques débouchés privés existent en R&D chez les grands groupes (L'Oréal, Sanofi, Total, Michelin) ou en start-up tech, mais ils sortent du cadre classique d'enseignant-chercheur.

Employeurs et secteurs

  • Universités publiques toutes disciplines
  • Grandes écoles (polytechniques, commerciales, ingénieurs)
  • Organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRAE, IRD)
  • Écoles doctorales et dispositifs de formation par la recherche
  • Centres de recherche hospitaliers ou cliniques universitaires (santé)

La quasi-totalité est emploi fonctionnaire. Quelques contrats de recherche doctoraux ou postdoctoraux sont possibles en CDD avant le concours.

Comment devenir enseignant/e-chercheur/euse ?

Pour devenir enseignant-chercheur, construis ta trajectoire dès maintenant : excellentes notes, mais surtout démonstration d'une vraie curiosité scientifique. Tu ne dois pas juste « réussir » tes études — tu dois rechercher activement, expérimenter, contribuer au savoir.

Actions concrètes

  • Entreprendre un master recherche (pas master professionnel) dans ta discipline ; c'est là que tu confirmes ta vocation et que se nouent les premiers réseaux avec des chercheurs
  • Faire des stages en laboratoire dès la licence/master (sur le campus ou ailleurs) : c'est comme tu découvres si tu aimes vraiment faire de la recherche
  • T'impliquer dans des projets étudiants ou des séminaires : mets-toi en visibilité auprès des profs
  • Dès ton master, identifier des directeurs de thèse potentiels et discuter de sujets : le choix de ton directeur et de ta thèse est décisif
  • Consulter les offres de thèses financiées via les portails Euraxess, France Université, les sites des universités cibles
  • Publier pendant la thèse, même modestement : c'est la monnaie de la crédibilité académique
  • Suivre les annonces de concours MCF sur Galaxie (portail de recrutement français) : comprendre où se concentrent les postes
Sophie Martin
Sophie MartinContenu assisté par l'IA

Conseillère en orientation scolaire et professionnelle

7 avril 2026Mis à jour le 9 avril 2026

K2108 — Professeur / Professeure des universités

Définition

Le Professeur des universités inspire et transmet le savoir à la nouvelle génération d'étudiants. Enseigne diverses disciplines académiques aux étudiants de l'université Conduit des recherches dans son domaine de spécialité et publie ses découvertes Supervise les thèses de doctorat et guide les étudiants dans leurs recherches Participe à des conférences académiques pour partager et enrichir ses connaissances Contribue à l'administration de l'université et à l'élaboration des programmes d'études Collabore avec des institutions académiques internationales pour des échanges de connaissances et de ressources

Accès au métier

Cet emploi est accessible sur concours (MCF, PR) et nécessite un diplôme de niveau Bac+8. Il est également possible d'enseigner à l'université en validant l'Agrégation (PRAG).
Salaire net mensuel
Débutant2 209
Moyen4 274
Expérimenté4 662
Tension du marché

Données non disponibles

Projets de recrutement
1 627

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Source : ONISEPDonnées ouvertes (Open Data)

Mise à jour le 31 mars 2026 — Source : ONISEP, données ouvertes