Tu vas faire un stage cette année et tu te demandes si tu seras payé, et combien ? La réponse tient en une règle simple : un stage de plus de deux mois ouvre droit à une gratification minimale fixée à 4,50 € de l'heure en 2026. En dessous de ce seuil, rien n'est obligatoire. On t'explique le montant exact, comment le calculer sur ton cas, et ce qui change selon la durée et le secteur. Et si tu cherches encore où faire ce stage, tu peux consulter les offres d'emploi et de stage à jour (nouvel onglet) sur Projet Ariane.
La gratification de stage, c'est quoi exactement ?
La gratification n'est pas un salaire. C'est une somme que l'organisme d'accueil te verse en contrepartie de ta présence, sans faire de toi un salarié : tu restes étudiant ou élève, sous convention de stage. Elle n'ouvre pas les mêmes droits qu'un contrat de travail (pas de chômage, pas de prime d'ancienneté), et son minimum est fixé par la loi, pas par négociation.
Point important à retenir tout de suite : la gratification n'est obligatoire que pour les stages de plus de deux mois. Un stage court peut très bien n'être pas gratifié du tout, et c'est légal.
Le montant minimum de la gratification en 2026
En 2026, la gratification minimale est de 4,50 € par heure de stage. Ce taux n'est pas choisi au hasard : la loi le fixe à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, lui-même porté à 30 € au 1er janvier 2026 (arrêté du 22 décembre 2025). Soit 30 × 15 % = 4,50 €.
C'est un minimum légal : l'entreprise peut verser davantage, jamais moins. Beaucoup de structures, notamment dans les grandes entreprises, l'ingénierie ou la finance, gratifient au-delà pour attirer les bons profils.
Garde en tête l'ordre de grandeur : à 4,50 € de l'heure, la gratification reste bien en dessous du SMIC, qui est à 12,31 € brut de l'heure depuis le 1er juin 2026. Un stage gratifié, ce n'est pas un job d'été — c'est une expérience de formation avec un défraiement encadré.
Le minimum de stage correspond à un peu plus du tiers du SMIC horaire. Source : arrêté du 22/12/2025 ; SMIC au 1er juin 2026.
À partir de quand ton stage doit être gratifié
La gratification devient obligatoire dès que ta présence dépasse deux mois dans le même organisme, au cours d'une même année d'enseignement. Ces deux mois se comptent en heures de présence effective, pas en semaines calendaires.
Le seuil officiel : 308 heures. C'est le résultat du calcul retenu par l'administration, sur la base de 7 heures par jour et 22 jours par mois (7 × 22 × 2 = 308). Au-delà de 308 heures, la gratification est due.
Deux précisions qui comptent :
- Les deux mois peuvent être consécutifs ou non. Si tu fais deux périodes dans la même entreprise la même année scolaire, elles s'additionnent.
- En dessous de 308 heures, la gratification est facultative. L'entreprise peut t'en verser une de bonne volonté, mais elle n'y est pas tenue.
Comment calculer ce que tu vas toucher
Le calcul repose sur tes heures de présence réelles, pas sur un forfait. La formule est simple :
Gratification = nombre d'heures de présence × 4,50 €
Prenons un cas concret. Tu fais un stage de 6 mois à 35 heures par semaine. Sur 26 semaines, cela représente environ 910 heures. Au minimum légal : 910 × 4,50 = 4 095 € sur l'ensemble du stage, soit environ 682 € par mois si l'entreprise lisse le versement sur toute la durée.
Pour un mois « plein » de présence (environ 151,67 heures), tu touches donc autour de 682 €. Deux modes de versement existent : l'entreprise peut te payer chaque mois selon les heures réellement effectuées, ou lisser la somme totale en mensualités égales sur toute la durée du stage. Les deux sont autorisés.
Pour vérifier ton cas précis, l'État met à disposition un simulateur officiel gratuit (service-public.gouv.fr) qui calcule la gratification mensuelle, totale et lissée à partir de tes dates et horaires.
Impôts, cotisations et autres avantages
Bonne nouvelle côté fiscalité : la gratification est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite d'un SMIC annuel (autour de 22 400 € en 2026), un plafond qu'un stage n'atteint quasiment jamais. En clair, tu n'as en général rien à déclarer.
Côté cotisations sociales, tant que la gratification ne dépasse pas 4,50 € de l'heure, elle est exonérée de cotisations (c'est la « franchise »). Si l'entreprise te verse plus, seule la part au-dessus de 4,50 € est soumise à cotisations. La cotisation accidents du travail reste, elle, toujours due par l'employeur.
Au-delà de l'argent, un stage de plus de deux mois t'ouvre d'autres droits, comme à un salarié :
- la prise en charge à 50 % de ton abonnement de transport en commun ;
- l'accès au restaurant d'entreprise ou aux titres-restaurant, s'ils existent ;
- des congés ou autorisations d'absence quand le stage dépasse deux mois (à prévoir dans la convention).
Stage court, secteur public : les cas particuliers {#cas-particuliers}
Stage de moins de deux mois. Aucune gratification n'est obligatoire. Tu peux quand même prétendre au remboursement de tes frais de transport si l'entreprise le pratique, mais pas à une somme minimale garantie.
Secteur public. Les administrations, établissements publics et organismes de droit public appliquent le même taux minimal de 4,50 € de l'heure, sans pouvoir le dépasser au titre du barème légal. Le déclenchement reste le même : au-delà de 308 heures.
Stage de seconde, 3e, voie pro. Attention à ne pas confondre. Le stage de seconde (nouvel onglet) et les séquences d'observation au collège ne sont pas concernés : ce sont des stages d'observation courts, non gratifiés. La gratification vise les stages plus longs de l'enseignement supérieur et de certaines formations.
Césure, alternance. Si ton projet est plutôt d'être rémunéré pendant ta formation, regarde du côté de l'alternance (nouvel onglet) : le contrat d'apprentissage, lui, te verse un vrai salaire en pourcentage du SMIC, sans condition de durée minimale.
On répond à tes questions
Un stage est-il toujours payé ? Non. La gratification n'est obligatoire qu'au-delà de deux mois de présence (308 heures) dans le même organisme sur une même année scolaire. En dessous, l'entreprise n'a aucune obligation de te verser quoi que ce soit.
Quel est le montant minimum d'une gratification de stage en 2026 ? 4,50 € par heure de stage, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale fixé à 30 € au 1er janvier 2026. Pour un mois plein, cela représente environ 682 €.
La gratification compte-t-elle comme un salaire pour les impôts ? Elle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite d'un SMIC annuel. Comme un stage reste très en dessous de ce plafond, tu n'as en pratique rien à déclarer.
Mes deux mois de stage doivent-ils être à la suite ? Non. Les heures peuvent être consécutives ou non : si tu effectues plusieurs périodes dans la même entreprise au cours de la même année d'enseignement, elles s'additionnent pour atteindre le seuil de 308 heures.
La gratification est-elle plus élevée dans certains secteurs ? Le minimum est le même partout, mais beaucoup d'entreprises versent au-dessus de 4,50 €/h, surtout dans l'ingénierie, le conseil, la tech ou la finance. Le montant exact figure dans ta convention de stage : lis-le avant de signer.
Et si je touche plus que le minimum ? C'est possible et fréquent. Seule la part qui dépasse 4,50 € de l'heure est alors soumise à cotisations sociales ; le reste garde son régime de franchise.
Avant de signer, le bon réflexe
La gratification, son montant et son mode de versement doivent figurer noir sur blanc dans ta convention de stage. Vérifie le taux horaire, la durée prévue (au-dessus ou en dessous de 308 heures), et les avantages annexes (transport, restauration). Si le stage dépasse deux mois et qu'aucune gratification n'apparaît, pose la question : c'est une obligation légale, pas une faveur.
Et si tu hésites encore entre un stage, un job d'été ou une formation en alternance pour cette année, le plus utile est de partir de ce qui te correspond vraiment.



